Scène incroyable à Paris. Jared Taylor, intellectuel américain et président d’American Renaissance, donnait une conférence privée pour les membres des Natifs lorsque des policiers ont débarqué dans la salle pour interdire la conférence !
Analyse de Balbino Katz - Polémia
Une dictature molle sous les formes du droit
Les Espagnols ont un mot que nous devrions peut-être adopter : « dictablanda ». Il joue avec « dictadura », la dictature, et « blanda », molle, douce, flasque. Dans l’Espagne de 1930, on l’employa pour désigner le gouvernement du général Berenguer, tentative de régime autoritaire adouci après la dictature de Primo de Rivera. Le mot a survécu parce qu’il dit beaucoup en peu de syllabes. Il désigne non la tyrannie nue, non les chars dans les rues, non les opposants jetés dans des caves, mais un pouvoir qui garde les formes, parle le langage du droit, conserve les façades parlementaires, laisse paraître les journaux, organise des élections, tout en resserrant peu à peu la possibilité réelle de contredire.
La France contemporaine n’est pas une dictature. La formule serait excessive, donc inutile. Elle ressemble de plus en plus, en revanche, à une dictablanda : une dictature molle, procédurière, sanitaire, préfectorale, administrative, où l’on ne supprime pas les libertés en bloc, mais où l’on apprend à les rendre impraticables pour ceux qui déplaisent. Le citoyen conserve des droits en théorie. Il découvre seulement, au moment de les exercer, qu’une note, un arrêté, une crainte de trouble, une circulaire, une interdiction préventive ou une interprétation morale de l’ordre public en limitent soudain l’usage.
L’interdiction, puis l’interruption policière, d’une conférence privée organisée autour de Jared Taylor par le mouvement Les Natifs constituent, à cet égard, un cas d’école. On peut aimer ou ne pas aimer Jared Taylor. On peut contester ses livres, ses statistiques, ses analyses, son obsession américaine des catégories raciales, ses conclusions sur les peuples européens. On peut lui opposer des arguments historiques, philosophiques, religieux ou politiques. C’est précisément ce que l’on fait dans un pays libre. On écoute, on répond, on réfute, on combat par la parole. Dans la France de la dictablanda, on fait mieux : on empêche la réunion.
Le plus grave n’est pas seulement que la police soit intervenue. La police exécute. Elle n’est pas la tête du poisson, elle en est la nageoire. Or, comme le dit l’adage, le poisson pourrit par la tête. La tête, ici, est politique, préfectorale, administrative. Elle est dans les cabinets, les services, les bureaux où l’on transforme une réunion privée en menace publique, une conférence en péril moral, une parole possible en trouble déjà constitué. Ce n’est pas le policier de base, envoyé sur place pour notifier l’interdiction, qui invente la doctrine. Il applique un rôle que l’État lui assigne : non plus seulement garantir la paix civile, mais protéger le régime contre certaines idées.
Le « trouble immatériel » comme doctrine administrative
Le texte de l’arrêté mérite d’être cité longuement, car il contient la doctrine dans sa nudité même :
« Considérant qu’à l’occasion de la conférence susvisée, le passif des déclarations de M. Jared TAYLOR démontre qu’il existe des risques sérieux pour que des propos à caractère raciste y soient également tenus ; que de tels propos constituent des infractions à la loi pénale et sont de nature à mettre en cause la cohésion nationale et les principes consacrés par la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen et par la tradition républicaine ; que ces propos portent atteinte à la personne humaine, quand bien même ils ne provoqueraient pas de troubles matériels ; que la notion de troubles immatériels développée par la jurisprudence permet de prévenir les troubles à l’ordre public, en s’attachant à la préservation d’un système de valeurs objectives qui cimentent l’harmonie sociale, sans pour autant porter d’atteinte excessive à l’exercice par les citoyens de leurs libertés fondamentales.
Considérant que le mercredi 3 juin 2026, le mouvement “Les Natifs”, présidé par M. Stanislas TYL, organise, en soirée, une conférence ayant pour thème “Discussion sur l’identité blanche” ; que le lieu de cette conférence est tenu au secret ; que cette conférence est susceptible de se tenir à Paris, dans les Hauts-de-Seine, la Seine-Saint-Denis ou le Val-de-Marne, et sera animée par M. Jared TAYLOR. »
(Continue)

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