segunda-feira, 1 de junho de 2026

Suède : la fin de l'illusion multiculturaliste

 


Le royaume durcit cette semaine sa législation sur l’accès à la citoyenneté. Tests de langue, exigence de revenus et aides au retour : l’ancien laboratoire européen du vivre-ensemble change de cap.

 Il y a là tout pour bâtir un pays. Une langue, une population, et même une échoppe de souvenirs où, derrière le comptoir, des grands-mères dont le voile laisse échapper un regard glacial vendent drapeaux et tee-shirts à la gloire du Somaliland, territoire de la Corne de l'Afrique en rupture de ban avec Mogadiscio. 

Rinkeby (« le village du guerrier », en ancien suédois) incarne la partition suédoise jusqu’à la caricature, un État dans l’État, comme le Somaliland justement, un quartier où l’on entend davantage le somali et l’arabe que la langue du royaume. Le tout à quinze minutes à peine de métro de Gamla Stan, le vieux centre-ville de Stockholm, ripoliné et au parfum de cannelle.


Pour la Suède, longtemps présentée comme la vitrine du multiculturalisme heureux, l’heure du retour à la réalité a sonné. À partir du 6 juin, jour de la fête nationale, le pays va durcir spectaculairement l’accès à la citoyenneté. Au menu : tests de langue, examens de culture civique, conditions de ressources – il faudra désormais gagner environ 20 000 couronnes suédoises par mois, soit 1 900 euros brut, et ne pas avoir vécu d’aides sociales au cours des trois dernières années. Stockholm tourne la page de l’immigration sans conditions. Et prolonge un virage déjà amorcé par le gouvernement. La Suède expulse désormais les déboutés du droit d’asile.  (Continue)

Le Journal de Dimanche

Alexandre Mendel , envoyé spécial à Stockholm (Suède)  

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